BIOENERGIE – Une autre alternative à l’électricité

Quand on parle d’énergie, on a tendance à ne penser qu’à la seule électricité, celle qui fait fonctionner tous ces équipements facilitant notre quotidien. Et au moindre problème, on crie au désastre total. À raison !

Imaginons une journée sans électricité: c’est la cata, dirions-nous ! Et l’on passe sur tous les commentaires déjà connus : crise énergétique, demande croissante en électricité, insuffisance de l’offre énergétique… À l’heure actuel-le, une bonne partie de l’offre est de source fossiles. Tout au moins, à Madagascar. Mais il y a aussi les sources hydrologiques qui promettent : l’investissement initial demeure exorbitant, mais le bénéfice dure de génération en génération. Les technologies solaire et éolienne se font aussi de plus en plus présentes, malgré leur coût assez élevé.
Toutefois, il ne faut surtout pas occulter les biomasses qui peuvent être également transformées pour produire de l’électricité. Dans ce cas, on parle de bioénergie, d’énergies produites à partir de la valorisation énergétique de la biomasse, lorsque celle-ci est effectivement utilisée pour produire de la chaleur ou de l’électricité. Des recherches s’avèrent probantes pour exploiter, valoriser et utiliser principalement la biomasse, en vue de produire de l’électricité. Pour le cas de Madagascar, son utilisation comme alternative à la production d’électricité se résume dans le schéma N°1.

Source d’énergie pour produire l’électricité en 2015

Source : Bilan énergétique 1995-2015
D’après cette répartition, la part des sources fossiles dans la production d’électricité à Madagascar demeure importante. Celle occupée par la bioénergie reste très faible, par rapport à la totalité des sources de production électrique, et la tendance est à la baisse. Aussi le niveau de consommation de bagasse en 1995, n’a-t-il pas encore été atteint en 2015.
L’évolution de la bioénergie dans la production d’électricité n’est pas prévue dans les prochaines années. Par contre, la Nouvelle politique de l’énergie (NPE) prévoit son développement pour assurer la disponibilité des énergies de cuisson.

Evolution de la consommation de bagasse pour usage énergétique à Madagascar, en KTep.

Source : Bilan Energétique 1995-2015
La tonne-équivalent-pétrole correspond à l’énergie produite par la combustion parfaite d’une tonne de pétrole représentant environ 11 600 kWh

Une alternative à l’énergie de cuisson
Une autre source d’énergie, non négligeable même si l’on veut qu’il en soit autrement est le bois énergie. On pense directement au bois de chauffe que les ménages ruraux récoltent déjà « morts ». Mais aussi et surtout, au bois collecté ou coupé « vivant » pour le faire sécher et plus encore, le brûler, ne serait-ce que partiellement, pour avoir du charbon. C’est l’énergie la plus « à la portée » des ménages citadins des pays
en voie de développement, comme les familles malgaches. De source vivante, tiré des plantes ligneuses, des arbres, des forêts naturelles ou artificielles, le bois-énergie est classé dans la bioénergie.
Depuis toujours, l’utilisation du bois de chauffe et du charbon de bois représente plus de 90% de l’énergie consommée à Madagascar, et plus de 90% des ménages en dépendent pour la cuisson. Ce phénomène à croissance rapide est l’une des principales causes de déforestation et de dégradation des forêts naturelles, dont la
couverture est passée de 9,4 millions ha en 2005 à 9,2 millions ha en 2010. Soit une réduction de presque 200 000 ha en cinq ans, une perte à un rythme moyen de 40 000 ha par an. Cela constitue une situation très alarmante qui conduit à la recherche d’une alternative à cette bioénergie.

Evolution de la consommation de bois-énergie à Madagascar, en KTep.

Source : Bilan Energétique 1995-2015

Comme alternative à l’utilisation du bois de chauffe et du charbon de bois dans la cuisson, les autres bioénergies, telles que l’éthanol combustible, les biogaz et bio déchets se présentent en bonne position. La conjoncture avec le bois-énergie s’avèrerait une opportunité pour le développement à outrance de ces bioénergies, mais cela ne suffit pas. Les biocarburants devraient pallier la rareté qui entraîne la cherté des carburants d’origines fossiles. Néanmoins, le décollage est toujours difficile, mais l’on espère les résultats de recherche ou de validation des expérimentations (techniques, administratives, organisationnelles, …) nécessaires avant toute mise à l’échelle d’activité, et que cela donne un « boom » à leur expansion.
En effet, la Nouvelle Politique de l’Energie 2015-2030 prévoit une large diffusion des équipements de cuisson utilisant ces bioénergies auprès de 70% des ménages. L’adoption par ces derniers, de foyers économes, fonctionnant au gaz, aux briquettes et agro-combustibles, exige le développement de la production des bioénergies combustibles appropriées, en vertu de la complémentarité foyer/combustible. Et ce dans le but de gérer et de mieux exploiter les ressources disponibles en bois énergie.
La bioénergie et son exploitation rationnelle peuvent aussi se présenter comme alternatives pour faire face au changement climatique que le monde subit aujourd’hui. La bioénergie a le mérite de satisfaire des besoins énergétiques, tout en respectant la biodiversité et donc en ménageant l’environne-ment dont la situation est devenue précaire. La bioénergie étant reproductible à volonté, on peut l’intégrer dans les énergies renouvelables. En fait, elle fait partie de celles-ci et se démarque par la possibilité de renouvellement telles à court et moyen termes par les activités humaines.
Dans le souci permanent du développement durable qui prévaut à l’heure actuelle, son exploitation est incontournable. Le gouvernement se doit alors de créer un système incitatif et attractif  pour la promotion des filières de ce sous-secteur. En même temps, il faudra veiller au cadrage de ces activités pour concilier la disponibilité et l’accessibilité de l’énergie propre et durable pour tous, avec les autres objectifs tels que l’augmentation des recettes de l’État, la préservation de l’environnement, la protection des consommateurs…
Dans cette optique de sensibiliser les gens au changement climatique et de trouver des solutions alternatives au bois énergie, un évènement est prévu du 21 au 24 mars. La devise de ces journées serait « Mitsitsy mba haharitra », économiser pour durer.Il s’agira d’apprendre comment économiser les ressources naturelles, notre argent et notre temps.


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