La prise en considération du genre dans l’énergie, un levier de développement

S’il est plus commun de parler du Genre dans le social ou la santé, il est pourtant tout à fait possible d’utiliser cette notion dans des domaines plus techniques, comme l’énergie. C’est justement l’effort que fait le GRE qui, avec l’appui de la GIZ, a organisé le 13 mai, un atelier de découverte sur le thème « Genre et Energie »

La notion de Genre, reposant sur l’égalité des droits et la complémentarité des femmes et des hommes dans l’effort de développement, est une notion transversale qui est adaptable à tous les secteurs d’activité. S’il est plus commun de parler du Genre dans le social ou la santé, il est pourtant tout à fait possible d’utiliser cette notion dans des domaines plus techniques comme l’énergie. C’est justement l’effort que fait le GRE (Groupe de Réflexion Energie) qui, avec l’appui de la GIZ, a organisé le 13 mai dernier un atelier de découverte sur le thème « Genre et Energie ».

Les principaux objectifs de cet atelier étaient (i) d’introduire le Genre, les principaux concepts et la complexité de la notion, de (ii) questionner les idées propres et les perceptions des participants à propos du Genre, et (iii) d’identifier la dimension Genre de l’énergie. Une trentaine de personnes, issues de diverses entités actives dans le secteur Energie ont ainsi bénéficié de l’expertise de plusieurs spécialistes du Genre qui se sont relayées pour partager leurs connaissances et leurs expériences.

Il a ainsi été clarifié que le Genre se réfère aux rôles et responsabilités des hommes et des femmes que construisent la société au sein d’une culture ou dans un espace donné. Ces rôles subissent l’influence des perceptions et attentes découlant de facteurs culturels, politiques, économiques, sociaux, religieux, etc. Les attitudes et comportements « de Genre » sont appris et modifiables. L’approche Genre recherche l’égalité des chances d’épanouissement de l’homme et de la femme tout en respectant leurs spécificités. Elle doit pour ce faire s’affranchir de tous les stéréotypes qui réduisent une personne ou un groupe à une seule caractéristique et qui sont construits et perpétués par un système (société, entreprise, etc.). L’analyse Genre s’attèle quant à elle à étudier les différences de condition, de besoins, de participation, d’accès aux ressources et au développement, de contrôle des biens, de pouvoir de décision, etc., entre les femmes et les hommes dans les rôles sociaux qui leur sont assignés.

L’intégration du Genre dans un secteur donné repose sur quatre étapes distinctes : la prise de décision stratégique, l’analyse, les activités ou actions correspondant au cycle du projet concerné, et enfin le partenariat. Les activités mentionnées à l’étape 3 intègrent l’élaboration d’une stratégie qui aborde les inégalités entre les sexes décrites dans l’analyse, le développement d’un programme, projets, plan d’actions, l’amélioration du contrôle qualité, et la mise en œuvre d’un mécanisme de suivi qui utilise des indicateurs de genre mesurables et appropriés.

Le secteur Energie dispose de plusieurs maillons dans lesquels le concept Genre peut et doit être intégré. Il s’agit de l’élaboration de politiques et de stratégies développement (actuellement la Nouvelle Politique de l’Energie – NPE, adoptée en 2015), l’élaboration puis la mise en œuvre de projets, et enfin la production, la distribution et l’utilisation de l’énergie au quotidien. Hommes et femmes ont des rôles complémentaires à jouer dans ce secteur. Le métier d’Ingénieur n’est par exemple pas réservé aux hommes – voir le portrait de Mme Florette, ci-bas – et les femmes peuvent s’intégrer à tous les stages d’un projet relatif à l’énergie. Les études de la demande en matière d’énergie doivent prendre en considération les besoins et intérêts aussi bien des hommes et des femmes pour éviter les erreurs de calibrage.

Il faudra encore certainement du temps avant que l’inclusion du Genre devienne un réflexe mais l’essentiel est de commencer à en parler. A titre d’illustration, le WWF avait partagé lors de l’atelier du 13 mai, son expérience plus que concluante avec les ingénieures du Barefoot (pieds-nus) College. Ici-bas un portrait de Mme Florette, l’une des « mamies » bénéficiaires de ce programme hors du commun.

 

JE M’APPELLE FLORETTE, JE SUIS « INGÉNIEURE(!) » SOLAIRE DU BAREFOOT COLLEGE

Vonjiniaina Florette Rasoamampionona a 43 ans, est agricultrice. Elle a six enfants et un petit enfant.

Elle habite dans le village de Iavomanitra, dans la commune de Miarinavaritra, district de Fandriana. C’est un village rural isolé, accessible en voiture en saison sèche, mais seulement à pied en saison des pluies. Le village est par ailleurs dispersé sur plusieurs hameaux éloignés les uns des autres. Toutes ces contraintes font qu’il est peu probable que l’électrification du village par le réseau électrique, ou encore par l’investissement d’un opérateur privé puisse se réaliser un jour.

Heureusement, Florette et quatre autres femmes du village ont pu apporter une solution, en collaboration avec un Comité solaire villageois. Elles ont permis à la communauté de Iavomanitra d’accéder à l’éclairage moderne et à l’électricité pour l’écoute de radio et la recharge de téléphone notamment. Une révolution dans ce type de village isolé, où l’effet lumineux est non seulement physique mais également psychologique. Avec trois autres femmes du village de Tsaratanana dans le district de Vondrozo, ce sont les premières femmes « ingénieures » solaires malagasy du Barefoot College. Leur point commun : peu de bagage scolaire, mais une grande volonté et un grand courage.

Tout a commencé quand l’équipe du WWF et de Barefoot College est venue informer la communauté sur l’approche Barefoot College et ses conditions, pour savoir si la communauté était prête à avancer. Les points saillants de l’approche : accéder à l’électricité par des systèmes solaires photovoltaïques, les ménages doivent payer une cotisation régulière au Comité solaire villageois pour assurer la pérennité du service électricité, et la fabrication, l’installation et la maintenance des systèmes est assuré par des femmes du village qui sont formées pour cela.

Florette fait partie des femmes qui se sont portées volontaires et qui ont été choisies ! Parmi les membres du Comité solaire, qui ont également été choisis par tous, la majorité sont des femmes. Le Comité solaire est chargé de la gestion du service électricité : finance, organisation, mobilisation de la communauté.

Florette et ses amies ont passé six mois en Inde, au Barefoot College à Tilonia, pour apprendre la technologie solaire, avec pleins d’autres femmes de divers pays. Selon ses dires, c’était très enrichissant ! La preuve, elles sont revenues transformées, en devenant des leaders de développement dans leur village, en plus d’être des techniciennes solaires chevronnées !

A leur retour, elles ont fabriqué et installé les différents composants des systèmes solaires, et formés près de 400 ménages bénéficiaires à l’utilisation. Elles s’apprêtent à faire plus pour les communautés alentours.

Page réalisée en collaboration avec le GRE.

Contact : leonie.ranarison@giz.de

Facebook : https://www.facebook.com/Groupe-de-Réflexion-sur-lEnergie-GRE


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